Ville de Domont
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  • Anticiper les besoins, prévenir les carences : la Ville fait son check-up médical

Confrontée comme de nombreuses communes d’Île-de-France à la raréfaction des professionnels de santé, la Ville vient d’engager une concertation directe avec les praticiens domontois pour poser un diagnostic et anticiper les besoins à court et moyen terme.

Publié le 12 juillet 2019

« La municipalité de Domont n’est pas directement compétente pour gérer les problèmes de santé publique qui relèvent de décisions de l’État et de la Sécurité sociale, mais nous sommes déterminés à mettre les moyens dont nous disposons au service des professionnels de santé pour les maintenir ou les inciter à exercer à Domont », a prévenu le Maire, Frédéric Bourdin, en ouverture de cette réunion organisée le 6 juin dans la Salle des Fêtes. Une quarantaine de médecins, spécialistes et para-médicaux de la commune avaient répondu à l’invitation de la Ville pour aborder le sujet préoccupant de l’offre de soins de proximité.

Premier constat : la ville n’est pas encore dans une situation critique de « désert médical ».

Selon les critères de l’Agence Régionale de Santé, Domont se situe en zone jaune dite « Zone d’Action Complémentaire », classification concernant au total 39 % de la population d’Île-de-France. Ces territoires sont actuellement éligibles aux seules aides de l’État pour l’installation au maintien des médecins. Clairement, les besoins de la population à Domont sont plutôt bien satisfaits, mais à terme la situation pourrait se dégrader.

« L’augmentation de la population due aux pressions exercées par l’État en matière de construction de logements d’une part et les difficultés rencontrées par les praticiens en fin de carrière de trouver des successeurs d’autre part nous placent aujourd’hui en situation d’alerte et nous réagissons sans attendre », a indiqué Frédéric Bourdin.

Deuxième constat : la ville reste attractive et dispose de marges de manœuvre solides en matière d’accueil.

Le Maire a notamment présenté plusieurs projets permettant de développer une offre immobilière adaptée aux besoins des professionnels de santé en exercice ou souhaitant s’implanter à Domont :

  • deux surfaces de 162 et 112 m2 en rez-de-chaussée, dans le nouveau Cœur de ville, très prochainement disponibles, que la Ville souhaite proposer à des médecins ou spécialistes, à des tarifs raisonnables.
  • La volonté de faire aboutir un programme immobilier à côté de La Poste, intégrant en rez-de-chaussée la création d’une maison médicale de 280 m2. Le promoteur pressenti vient d’annoncer son retrait, mais la Ville est déterminée à concrétiser ce projet bien situé en centre-ville et accessible au moyen d’un parking de 30 places.
  • La restructuration de la place Gambetta, dans le Haut Domont, avec la volonté d’intégrer la création d’une crèche et d’un espace médical, lequel pourrait trouver sa place dans la propriété communale qui abritait le district de football.

« Telles sont les opportunités d’accueil que la Ville peut mettre sur la table, pour offrir aux médecins la possibilité d’exercer dans les meilleures conditions possibles, dans des conditions économiques maîtrisées. Cela nous donne des arguments pour exiger les aides de l’État et attirer les nouveaux praticiens dont nous avons et aurons besoin dans un proche avenir », a précisé le Maire.

 

Troisième constat : pas d’initiatives sans concertation étroite avec les professionnels.

« La municipalité sait gérer la construction d’équipements et services publics, mais n’est pas compétente en matière de santé. Voilà pourquoi nous engageons une concertation étroite avec nos médecins pour faire les bons choix et optimiser les moyens financiers que la Ville est décidée à débloquer pour maintenir une offre de soins satisfaisante pour les Domontois », a déclaré Frédéric Bourdin. « Car si nous pouvons mettre des locaux à disposition, nous ne pourrons pas contraindre les médecins et spécialistes à s’y installer, mais c’est une base solide de discussion avec les pouvoirs publics. »

Le Maire a également tenu à rassurer les praticiens établis sur la commune. La concrétisation de certains projets, tels que l’extension de la clinique Capio qui projette l’implantation d’une IRM et d’un scanner et la création d’une clinique ophtalmologique en ambulatoire, devra se faire en préservant l’offre existante.

Enfin, même si certains médecins prennent leur retraite ou quittent Domont, d'autres continueront à venir s'y installer. Pour preuve, un nouveau médecin ouvrira son cabinet en septembre en lieu et place des Pinceaux Blancs, 4 avenue Jean Jaurès.

L'avis des médecins

Surcharge de travail et difficulté à trouver leurs successeurs : les professionnels de santé font le même constat. Des décennies de mesures approximatives et contradictoires des pouvoirs publics créent aujourd’hui une situation tendue sur pratiquement l’ensemble du territoire national, à l’exception des grands centres urbains.

« 70 heures de travail par semaine, une complexité administrative invraisemblable, des normes coûteuses à respecter pour nos locaux de travail, tout cela décourage les jeunes médecins de reprendre ou de créer un cabinet. La plupart prétendent désormais à un statut de salarié, 10 années d’études épuisantes pour des visites à domicile payées 10 euros, on peut les comprendre », témoigne un médecin.

« Ne pourrait-on pas envisager la création d’une structure médicale gérée par la Ville ? », suggère une praticienne. Réponse d’un de ses confrères, médecin généraliste : « Des villes qui ont créé ce type de structures font maintenant marche arrière, en raison d’énormes déficits de fonctionnement. » Quant à la récente réforme de la formation, « elle ne produira ses effets que d’ici une dizaine d’années… le temps nécessaire pour la formation d’un médecin et plus pour un spécialiste », tempère un autre médecin.

Bref, quand la médecine est malade, rien n’est simple. Pour ce spécialiste en recherche d’un successeur, « on paie le prix de politiques de santé incohérentes et d’une évolution des comportements qui nécessiterait un peu plus de pédagogie. »