Ville de Domont
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Le 15 mars dernier, les électeurs étaient appelés aux urnes.
À Domont, l’équipe conduite par Frédéric Bourdin, Maire sortant, était la seule en lice du scrutin.
Deux jours plus tard, la France entrait en confinement.
Comment la Ville a géré la crise sanitaire ? Quelles conséquences à court et moyen termes dans la vie communale  ? Quelles sont les priorités d’action de la nouvelle équipe municipale  ? Frédéric Bourdin répond aux questions les plus fréquemment posées depuis la sortie du confinement.

Publié le 15 juillet 2020

Près de quatre mois après le début du confinement, que retenez-vous aujourd’hui de cette crise exceptionnelle  ?

Un énorme sentiment de vulnérabilité, de fragilité. Cette crise a démontré que nos sociétés modernes n’étaient pas à l’abri d’événements exceptionnels d’une telle ampleur, malgré les avertissements de nombreux scientifiques insuffisamment écoutés et surtout pris au sérieux. À Domont, nous avions senti le danger arriver dès le début de l’année lorsque l’épidémie s’est déclarée en Chine, mais nous nous sommes tenus à respecter scrupuleusement les préconisations des pouvoirs publics et ce tout au long de la crise sanitaire.

Comment s’est organisée la mise en confinement des services municipaux  ?

L’annonce du confinement s’est faite en quelques jours seulement, de manière brusque, en tout juste 72 heures. D’abord la veille des élections puis le 16 au soir avec l’annonce de la mise en confinement. En mairie, notre première mesure a été de maintenir l’ensemble des agents à leur domicile dès le mardi 17 mars à 12h.
L’organisation d’un service minimum s’est faite dans la foulée, dans le cadre d’une cellule de crise réunissant élus et cadres communaux.

Vous avez également mis en place des procédures de télétravail  ?

Les services ont poursuivi leurs missions en télétravail, avec le soutien de notre service informatique qui a préparé les adaptations techniques nécessaires en un temps record. Le standard de la mairie a par exemple été géré par nos agents depuis leur domicile. Le télétravail constitue une piste d’évolution intéressante, mais les services publics communaux nécessiteront longtemps encore une présence physique des agents pour servir les Domontois.

Sur quels critères avez-vous défini les services qu’il fallait maintenir en activité, partielle ou complète  ?

Nous avons tout d’abord répondu aux réquisitions des pouvoirs publics, par exemple pour le maintien de structures d’accueil pour les enfants des soignants en laissant ouverts un groupe scolaire ainsi que les services périscolaires tels que la cantine ou les centres de loisirs, et ce pour accueillir une dizaine d’enfants au total.
Le service restauration est toujours resté ouvert pour préparer les repas aux enfants des personnels soignants et livrer ceux des seniors qui bénéficient du portage de repas.
Le service état-civil est lui aussi resté actif pendant toute la durée du confinement pour enregistrer les naissances et malheureusement les décès, formalités qui ne pouvaient en aucun cas être reportées.
Le service communication a lui aussi continué de fonctionner en recentrant son activité sur les réseaux sociaux et le site internet de la ville.
Chacun l’a constaté, la parution du Domontois a dû être suspendue, en raison notamment de l’indisponibilité des entreprises qui assurent la mise en boîte aux lettres.
Et bien sûr, nous avons maintenu l’ensemble des effectifs de la Police municipale en activité pour assurer les missions de sécurité habituelles et venir en renfort des forces de gendarmerie pour l’application des mesures du confinement. Nos policiers municipaux ont énormément travaillé tout au long de cette crise, de même que nos sapeurs-pompiers et gendarmes.

Gendarmerie confinement

Un autre service s'est montré particulièrement actif, le Centre Communal d’Action Sociale.

Effectivement, les équipes du CCAS sont restées sur le pont pendant toute la durée du confinement pour accompagner les personnes les plus fragiles et les plus isolées, nos seniors notamment. Nous avons activé le Plan prévu pour les périodes de canicule en prenant très régulièrement contact avec les personnes dépendantes ou vulnérables, avec le renfort d’agents d’autres services comme le service événementiel ou le personnel de mon cabinet. Ces renforts ont permis d’appeler quotidiennement certaines personnes et de leur apporter des aides directes, comme l’achat de courses, le retrait de médicaments ou la fourniture d’attestations de déplacement imprimées. Nous avons même pu élargir ce dispositif aux retraités recensés dans le cadre des  animations seniors.

Budgétairement, y aura-t-il un impact de la crise sur les finances de la ville  ?

Nous dresserons le bilan dans les semaines à venir pour procéder à d’éventuels ajustements du budget 2020. Mais ce qu’il faut retenir, contrairement à certaines idées reçues, c’est que la commune n’aura réalisé aucune économie de dépenses. Tous les agents communaux pour la plupart fonctionnaires ont perçu leurs salaires financés par le budget de la Ville, sans aucune compensation de l’État. Je remercie la Direction des Ressources Humaines pour sa mobilisation sans qui cela n’aurait pas été possible.
Par ailleurs, les baisses de dépenses entraînées par l’annulation de toutes les manifestations publiques devraient compenser les dépenses imprévues liées à la crise, comme la mise en place de dispositifs barrières, l’achat de masques, de gel hydroalcoolique, de protections en plexiglas, dans des quantités importantes. Enfin, nous devrons tenir compte de la baisse des recettes de nombreux services à la population tels que les cantines ou les services scolaires dont les coûts fixes sont restés constants en raison des maintiens de salaire des agents.
Au final, il y aura un coût pour la Ville, mais dans des proportions qui ne devraient pas entraîner de modification de notre équilibre budgétaire et de notre fiscalité locale.

Sur le plan sanitaire et humain, avez- vous un bilan à communiquer  ?

Combien de malades et de décès devons-nous déplorer à Domont ? Je n’ai pas la réponse. Personne n’était en mesure de comptabiliser les cas entre les malades avérés et les suspicions, les hospitalisations, les malades restés à domicile. Nous avons gardé le contact avec les médecins et soignants domontois pendant toute la durée du confinement, on peut juste dire que la maladie a frappé, ici comme ailleurs.

Difficile de revenir sur cette crise sanitaire sans évoquer ce qu’on peut appeler la saga des masques…

Cela a été une course permanente du début à la fin. Dans un premier temps, nous nous sommes mobilisés pour remédier au manque de masques dans les cabinets médicaux de la ville. On a réussi à en trouver, grâce à des dons d’entreprises ou l’aide de Domontois qui en ont fabriqué et que je remercie. Sur ce plan, je dois surtout féliciter la Région Île-de-France qui a fait preuve d’une réelle efficacité. La Région nous a délivré assez rapidement des masques chirurgicaux que nous avons pu répartir auprès des soignants et ensuite auprès des commerçants restés ouverts, puis les usagers des gares. Le Département nous a également fourni 4 000 masques en tissu en fin de pandémie.

Les masques distribués aux Domontois l’ont été assez tardivement, pour quelles raisons  ?

Parce que nous avons fait le choix de passer commande auprès d’un fournisseur référencé par la Région Île-de-France, dans un souci de qualité donc de sécurité. Or ces masques devaient être certifiés par la Direction Générale de l’Armement au terme de tests bien plus exigeants que ceux requis par autre organisme certificateur, comme l’Afnor. Résultat, nos masques sont restés bloqués administrativement alors que les communes qui s’étaient contentées de masques aux normes Afnor les ont obtenus plus vite, ce que personne n’était en mesure d’anticiper.
Ce qu’il faut savoir cependant, c’est que les masques qui ont été distribués à tous les Domontois sont d’une qualité irréprochable et devraient résister à une cinquantaine de lavages sans perdre de leur efficacité. Conservez-les précieusement, on ne sait jamais.

Distribution des masques

Il y a également eu le problème de la réouverture des écoles à gérer. Les écoles domontoises ont rouvert très tôt, n’était-ce pas un risque  ?

Avec le recul, je ne regrette absolument pas d’avoir pris cette décision. J’estime en effet que la première des aides que la Ville a pu apporter au monde économique a été de rouvrir toutes les écoles. Cette réouverture, a été particulièrement bien organisée par le Service Enfance, pour permettre dès le 14 mai à un maximum de salariés et surtout de travailleurs indépendants de pouvoir reprendre leur travail. Cette réouverture précoce, avec des effectifs modestes, a permis de roder les protocoles sanitaires et de monter en puissance dans les meilleures conditions. C’était une mesure à la fois sociale, éducative et économique qu’il fallait prendre au plus tôt, quand beaucoup d’autres communes ont fait le choix d’attendre et de rendre encore plus compliquée la reprise de l’activité.

Réouverture école

Le 15  mars dernier, les élections municipales se sont déroulées dans un contexte sans précédent puisqu’une seule liste, celle que vous avez conduite, s’est présentée aux suffrages des Domontois. Que vous inspire cette élection aujourd’hui  ?

Effectivement, ce cas de figure, à ma connaissance, ne s’était jamais présenté à Domont. Être élu avec 100 % des voix, disposer d’un conseil municipal sans représentants de l’opposition, c’est une énorme responsabilité. Celle d’appliquer le programme que nous avons élaboré, mais également une plus grande responsabilité d’écoute des Domontois, notamment de ceux qui n’auraient peut-être pas voté pour cette équipe.
Je resterai pour cela un maire abordable, disponible, afin d’écouter tout le monde.

Une nouvelle équipe a officiellement pris ses fonctions le 26 mai dernier avec plus de deux mois de retard sur le calendrier en raison de la crise. Quelle est la feuille de route pour les six années à venir  ?

Le même travail, le même sérieux, le même respect de tous les Domontois qui ont fait le succès du précédent mandat. J’ai demandé à l'équipe de respecter scrupuleusement nos institutions municipales en évitant l’entre-soi. Les séances du conseil municipal sont publiques, je le rappelle, les Domontois qui le souhaiteront pourront y assister.
En ce qui me concerne, je resterai présent sur les réseaux sociaux où chacun peut s’adresser à moi librement. Ce que je constate, après quatre années d’expérience de maire, c’est que nous avons plutôt affaire à des points de désaccord qu’à un phénomène d’opposition structuré.

Qu’est-ce qui caractérise cette nouvelle équipe  ?

J’ai engagé beaucoup de temps et de réflexion pour constituer ce groupe. J’ai recherché des femmes et des hommes très motivés, ayant envie de s’impliquer dans la vie de la commune et représentatifs de la diversité de notre population. Les nouveaux conseillers viennent d’horizons très divers, de générations mixées, mais ont un point en commun : leur attache à Domont. Tous ces élus se verront confier un rôle correspondant à leurs compétences, à leurs centres d’intérêt.

Quelles seront les premières priorités de cette nouvelle mandature  ?

Nous allons renforcer la politique de la Ville en faveur de l’éducation. Concrètement, nous allons prochainement signer un Contrat d’Aménagement Régional qui va nous permettre de lancer deux projets d’agrandissement de nos écoles, au Trou Normand et à Pasteur sans oublier la création d’un nouveau centre aéré, également au Trou Normand. Ce contrat dont le principe a été validé lors du dernier conseil municipal permettra à la Ville de bénéficier de subventions importantes de la Région Île-de-France et du Département du Val-d’Oise.
Dans un tout autre domaine, nous allons rapidement engager la transformation de la Maison de la Tourelle, située à côté de la médiathèque, en musée de la Brique et en lieu d’exposition. Nous ouvrirons également le parc de cette belle maison au public, en y accueillant par exemple des expositions de plein air et des animations. L’idée, c’est de renforcer le pôle culturel de la ville autour de la médiathèque en valorisant cette belle propriété communale, très bien située.
Enfin, nous espérons pouvoir réaliser notre nouvelle maison de santé d’ici la fin de l’année, dans l’une des nouvelles surfaces commerciales du Cœur de ville.

Maison de la santé

Une question à ce sujet pourquoi les boutiques situées en rez-de-chaussée du Cœur de ville sont-elles encore inoccupées  ?

Parce que nous avons un dernier point de désaccord avec le promoteur. Avant de prendre officiellement possession de ces 23 boutiques qui deviendront propriété de la commune, nous souhaitons que certaines malfaçons soient immédiatement traitées. Pas question de mettre ces boutiques en location et d’avoir à gérer des problèmes qui doivent être corrigés dès maintenant par le constructeur. Et finalement, ce litige a retardé la commercialisation ; c’est peut-être mieux ainsi car la crise du coronavirus aurait mis ces nouveaux commerçants en grande difficulté.
Pour information, nous avons recueilli un peu plus de 150 dossiers de candidature, c’est un succès. Nous pourrons ainsi faire un choix très pertinent de commerces et d’artisans qui apporteront un vrai plus aux Domontois.

Le programme que vous avez diffusé en mars dernier présentait des propositions dans la plupart des domaines de l’action locale. Commençons par la culture et les loisirs.

Sur ce plan, nous lancerons rapidement le projet d’agrandissement du centre Georges Brassens. C’est indispensable pour recentrer les nombreuses activités sur un même lieu et permettre à un plus grand nombre d’accéder à cette offre culturelle et de loisirs variée et de qualité.
Nous travaillons également sur le projet d'un nouveau cinéma. La commune est en cours d’acquisition des terrains situés derrière la Clinique Capio à proximité du garage Renault, dans le cadre d’une procédure de Déclaration d’Utilité Publique.

Vous avez également annoncé des évolutions dans le domaine sportif  ?

Je confirme en effet que nous projetons la réalisation d’une nouvelle salle multisports.
Cet équipement pourrait être créé en agrandissement de l’actuel dojo du complexe sportif Jean Jaurès. Globalement, nous sommes confrontés à une demande très importante sur le plan sportif, sujet sur lequel nous travaillerons en concertation directe avec nos associations.

Salle multisports

Vous aviez également annoncé plusieurs projets de redynamisation du Haut-Domont. Où en sommes-nous  ?

L’un de ces projets va commencer très prochainement. Il s’agit de la transformation de l’ancienne clinique de Longpré en résidence seniors dont la Ville vient de signer le permis de construire. C’est un projet de très grande qualité qui redynamisera le quartier, notamment au plan commercial.
À plus long terme, nous conservons l’objectif de requalifier la place Gambetta avec quatre conditions  conserver un espace nécessaire à l’agrandissement du cimetière, établir une maison médicale dans les locaux de l’ancien district de football, créer une crèche privée et enfin aménager un parking public à double niveau en lieu et place du parking actuel, afin d’augmenter la capacité d’environ 80 places.

Résidence seniors

Un mot enfin sur l’une des attentes fortes du moment, à savoir la protection de l’environnement et l’évolution des comportements face au défi climatique. Que prévoyez-vous dans ce domaine  ?

Ces enjeux sont totalement intégrés dans notre projet. Tout d’abord, nous allons renforcer la protection de la Plaine des Cercelets qui n’est plus suffisamment assurée. Nous allons entamer des négociations avec les propriétaires, en accord avec la SAFER (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural) puisqu’il s’agit de terrains agricoles, afin de permettre à la Ville d’acquérir un maximum de parcelles. Nous pourrons ainsi encadrer le maintien de l’activité agricole sur ce secteur de manière sérieuse, avec des objectifs précis en matière de productions bio.
Côté restauration scolaire, nous continuerons de renforcer la part de produits bio sur le principe des circuits courts.
Nous allons par ailleurs réaliser des bornes de recharge pour véhicules électriques - vélos et voitures.
Enfin, nous poursuivrons les investissements dans le domaine des économies d’énergie dans les bâtiments publics, par la modernisation des systèmes de chauffage et d’éclairage et par des travaux d’isolation.

Budgétairement, ces projets sont-ils financés  ?

La question des finances est bien évidemment au cœur de notre réflexion. La suppression progressive de la taxe d’habitation nous oblige à la prudence. En 20 ans, la commune n’a quasiment pas augmenté les taux de la taxe d’habitation et des taxes foncières. Nous conservons le cap d’une maîtrise de nos dépenses et du maintien d’une fiscalité raisonnable à Domont

 

URBANISME - LOGEMENT

Peut-on marquer une pause ?

Comme de nombreuses villes de taille moyenne, Domont est confrontée aux contraintes de la loi ALUR imposant la densification urbaine. Ces contraintes entraînent la multiplication des opérations immobilières relevant souvent d’initiatives privées, difficilement maîtrisées par les villes. « C’est une réalité dont nous avons totalement conscience et que la Ville a plutôt bien maîtrisée jusqu’à présent avec une stratégie dynamique d’acquisition foncière qui nous permet de garder la main. Malgré tout, tempère Frédéric Bourdin, nous n’atteignons pas encore le seuil de logements sociaux fixé par la loi Duflot (ministre du Logement) dont l’une des mesures phares fut de relever de 20 à 25% le taux de logements sociaux à atteindre, ce qui signifie qu’il faudra encore construire, pour éviter d’être dessaisi du droit de préemption par les services de l’État. »

Parmi les stratégies évoquées pour conserver au maximum la maîtrise de l’urbanisme et freiner les ardeurs des promoteurs : la mise en révision du Plan Local d’Urbanisme afin de classer un grand nombre de maisons et bâtiments en « maisons remarquables », ce qui permettra de mieux encadrer les initiatives privées et de préserver l’identité urbaine de Domont.

Autre piste évoquée par le Maire : la revalorisation de la taxe d’aménagement que les promoteurs doivent payer à la Ville pour lancer leurs programmes. « Nous envisageons de relever le montant de cette taxe afin de donner à la Ville plus de moyens pour financer l'adaptation des équipements publics, sans faire percer toute la charge sur le budget communal. »